Fringe

Je ne sais pas s’il s’agit d’une norme quelconque dans la programmation des américaines mais la diffusion de la première saison de Fringe s’était interrompue pendant quelques semaines cet hiver. Bonne nouvelle, elle a recommencé dernièrement ! Hélas ça ne durera pas éternellement mais profitons de notre bonheur tant que ça dure. Nous avions quitté notre petit groupe de jolies filles et de mecs (jolis aussi peut-être :s je ne sais pas), en à proie à assez peu d’interrogations, si ce n’est notre savant-fou étonné de se retrouver face à face avec son propre travail, peut-être. Il nous revient plus ou moins dans le même état, et c’est un vrai plaisir.

J’ai commencé à regarder cette à partir du 4e épisode, un peu par hasard alors que le buzz montait depuis bien des mois outre atlantique et jusqu’en France, et ma première réaction fut l’étonnement. Comment ces américains sont-ils capables de nous sortir de nulle part ces magnifiques femmes, toutes plus émouvantes les unes que les autres, jouant à la perfection ? Je ne m’explique pas vraiment non plus comment ils arrivent à trouver une telle cohérence avec le personnage, jusque dans sa manière de s’habiller. Il y a avant tout Ana Torv, agent spécial du FBI, palotte mais décidée, autour de qui tourne toute la , mais il y a de nombreux second rôles intéressants, comme par exemple Jasika Nicole plus ou moins discrètement hyper avec ses bouclettes… mais là n’est pas l’intérêt de la en réalité (je vous jure). Même si on pourrait remarquer qu’il y a une amplification générale de ce phénomène hollywoodien (les actrices dans les américaines sont rarement laides, mais il se passe quelque chose là) entre Bones (que j’ai découvert cette semaine), Eureka… etc. avec seulement quelques qui résistent, comme Kyle XY avec un casting assez déconcertant (ça m’empêche pas d’être de Jessie, le personnage étant en plus particulièrement intéressant, disons même délicieusement torturé).

Grâce au 16e épisode je vois quelques développement intéressants à étudier, comme le fait que l’agent Dunham sera peut-être bientôt en charge d’une petite fille (bonne idée non ?) et qu’elle évitera peut-être Peter Bishop (j’aimerais bien qu’il y ait quelque chose entre Dunham et le père Bishop, pas forcément quelque chose de sexuel, peut-être plutôt une relation père-fille, qui pourrait évoluer oui mais là c’est peut-être trop original) qui ne sert pas beaucoup. Mais on a pu voir surtout une scène intéressante de tunnel sombre avec des lampes de poche. Un revival de X-Files comme la est accusée d’être dans son ensemble ? je parlerais plutôt d’une référence très forte.

X-Files est une crépusculaire dans laquelle toutes les problématiques de la journée sont grossies, déformées et monstrueuses, les rapports de force, après une journée trop longue, deviennent des complots et la paranoïa submerge le héro qui porte toute la société sur ses épaules. Dans la nuit qui tombe toujours, sans discontinuer on dirait, les ombres prennent de plus en plus de place sur les visages, même les lampes de poche, droites comme des traits de lumières, sont manipulées avec frénésie et les espaces à éclairer sont toujours plus grands que les espaces lumineux (même le grand canyon est minisucule au regard de certains hangards désaffectés). La fin de l’épisode calme quelque peu l’angoisse pour pouvoir aller se coucher, comme vaincu par la fatigue. On s’enfonce alors dans l’obscurité et l’inconnu. Il y a le vague espoir de pouvoir se réveiller peut-être le lendemain, mais on sait que rien n’est réglé, que les tensions sont prêtes à revenir, que le calme du générique n’est qu’une trève.

Dans , dans ce tunnel sombre du 16e épisode, on peut tout voir. Les lampes torche sont déterminées à défaut d’être vraiment seraines et servent simplement à bien se diriger entre un point A et un point B, on va quelque part quand dans X-Files on ne fait que se perdre. Une fois arrivés à destination les personnages se confient, partagent leurs angoisses nocturnes. L’agent Dunham réconcilie à elle toute seule les agents Scully et Mulder, la shizophrénie est terminée, et si les problèmes sont à venir elle possède l’énergie pour s’y confronter, en ayant recours à la rationnalité, quand bien même mystérieuse voire invraissemblable… il n’y a pas de confusion possible, on est en état de veille et on se dirige vers la clarté. Certes à la fin de l’épisode sa soeur et sa nièce dorment, vaincus par la fatigue elles-aussi, mais c’est qu’elles ont veillé à lire des gentilles histoires pour enfant (Mulder lirait des histoires pour enfant au début des épisodes, et elles feraient bien peur parce que recellant une part de vérité), les monstres dont parlent les livres n’existent que par accident., que par la faute d’un reste de confusion du sommeil paradoxal (personnalisé par le docteur Bishop qui se réveille tout juste et qui ne sait pas trop s’il ne continue pas de dormir). Certes l’agent Dunham n’est pas rassurée mais elle laisse la lumière allumée pour mieux pouvoir dormir (Mulder aurait préféré l’insomnie dans le noir, à attendre l’ennemi, Scully se serait mise à travailler, son ordinateur à peine allumé sur un traitement de texte à fond noir) et surtout se réveiller très tôt (sa nièce vient la réveiller à 6h dans un prédécent épisode ? quelle importance car à 6h elle pête la forme), toute fraîche. J’ai lu ici et là que certains spectateurs trouvaient Ana Torv un peu trop froide, mais pas du tout ! elle est fraîche. D’accord elle est pas hyper (disons qu’on peut discuter sur la notion, elle est pas très entreprenante disons), mais il faut bien comprendre qu’il n’est pas encore midi dans cette , elle est tout à fait prête à passer une nuit torride, et même intéressée par une sieste crapuleuse, mais il n’est simplement pas l’heure: elle sort de la douche, attendez un peu messieurs qu’elle ait fini de se brosser les dents.

Finalement si les tensions dans sont plus ou moins du même ordre que dans X-Files on a l’impression, trompeuse, qu’on se dirige vers plus de clarté, que les complots ne résistent pas à la négociation qu’elle soit amicale ou professionnelle, que les monstruosités sont des idées à examiner serainement (comme des souvenirs des mauvais rêves de la nuit, absolument pas fuyants), bref qu’on va bien réussir à régler tout ça à condition que la journée soit suffisamment longue… c’est à dire qu’on a complètement oublié la soirée précédente beaucoup trop longue et qui n’en finissait pas de finir de nous vaincre dans X-Files.

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