Le titre d’une série, d’un film ou d’un livre, d’une oeuvre en général, conditionne nécessairement la manière dont on la perçoit.
En tant que spectateur français, lorsqu’on se met à regarder la série Les Experts, on se retrouve en face d’une série qui présente l’idéal de la performance professionnelle. Ainsi chacun est capable de reconnaître cette désagréable engeance qui échange des réponses sans jamais aucune question, qui se permet quelqu’ironie sans jamais perdre son sérieux et faisant de la condescendance l’objectif de toute relation sociale. Elle existe dans la réalité, ne nous le cachons pas, et est même parfois valorisée par un management sociopathe.
Est-ce le sujet de cette série vraiment ? Je l’ai longtemps cru et il est en effet difficile de soutenir cette antipathie continuement entretenue par des personnages-fantômes complètement aliénés par leur travail et dont les relations entre eux semblent dénuées de toute possibilité de transgression si aucun autre thème ne vient concurrencer cette vision du travail.
La série s’appelle en réalité “CSI” pour Crime Scene Investigation, investigations de scènes de crime pour une traduction littérale (je connaissais ce titre mais je n’avais pas vraiment cherché à y voir une signification particulière) On pourrait considérer qu’une traduction littérale est souvent erronnée ou qu’elle n’est pas possible au regard d’un déficit culturel. Les traducteurs se sont peut-être dit qu’il s’agissait de police scientifique, ou d’experts de la police scientifique, et qu’ainsi “Les experts” était un raccourci intelligible. Il n’en est rien car de la sorte le principal sujet de la série est escamoté: le sujet c’est la scène. Une traduction un peu intelligente de CSI, Crime Scene Investigation, aurait été DTT, Décryptage du Théâtre de la Transgression (je propose transgression d’abord pour éviter un malencontreux DTC sorti d’on ne veut pas savoir ou, et ensuite parce qu’on explicite le thème de la série).
L’épisode 9 de la première saison de CSI: Miami (Tireur isolé en français, mais Kill zone en anglais, toujours cette personnalisation de l’espace par la traduction) m’a permis de mieux comprendre les choses, après un troisième visionnage hasardeux. On y assiste à une représentation plus ou moins réinterprétée, et surtout politiquement applanie, de la vague terrorriste d’assassinats de 2002 ayant fait peu de morts mais provoqué beaucoup de panique. Les experts de la police de Miami vont donc déconstruire tout ça (l’actualité, comme Arrêt sur images, cet épisode étant contemporain de l’évènement), dépiler toutes les problématiques collectives et individuelles, classer les divers comportements… pacifier l’évènement par une remise en scène, ritualisée cette fois-ci, et proposer un jugement, comme n’importe quel autre tribunal. Dans tout l’épisode la police doit faire son travail avec très peu d’éléments tangibles, la scène est vaste et de nombreuses lignes temporelles s’empilent sans avoir de lien avec le sujet qui les intéresse.
Mais à partir des quelques tous petits indices trouvés il va être possible de décomposer la mise en scène générale, démêlée celle du criminel, et les diverses animations ou flash-backs confortent cette dimension de décryptage. Puis, et c’est le principal, la police va petit à petit réussir à rentrer dans cette mise en scène pour en détourner le déroulement: l’articulation entre scénario et mise en scène est ici soulignée. Notons que l’évènement réel ne s’est pas déroulé aussi simplement mais que la mise en récit des médias journalistiques n’a pas été plus fiable à l’époque. Dans la série la psychologie des différents intervenants n’a en tous cas que peu d’importance, si ce n’est pour donner corps à la mise en scène, on peut remarquer qu’ils sont parfaitement remplaçables les uns avec les autres: c’est le chef (spectral) qui met en jeu sa vie, ça pourrait être quelqu’un d’autre, c’est je ne sais plus quel personnage qui conduit l’opération de police, s’en souvenir n’apporte rien à la compréhension de l’épisode. Globalement tous les épisodes fonctionnent sur ce principe.
Le fait que les protagonistes échangent des réponses sans question devient alors naturel (il n’y a personne pour poser une question qui est le domaine de l’humain), les personnages travaillent d’arrache pied, de nuit comme de jour, sans prendre la moindre pause, à entasser des tonnes d’informations (les recherches aussi se résument à des enchaînements de représentations de trouvailles) jusqu’à avoir déplier la mise en scène dans le temps. Cette mise en scène, en abîme, ne peut pas s’expliquer comme une analyse du travail salarié (il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet mais en l’occurrence ce ne serait pas intéressant dans cette série) mais par cette idée de retempolarisation nécessaire de la performance théâtrale du crime, jusqu’au moment ou les moyens d’une mise en scène d’intercession à l’intérieur de celle du criminel ont été rassemblés.
La tension se transforme alors, la temporalité, durée continue, presque mémorielle, parfois compte à rebours, devient coordination. Le temps se déroule alors positivement, avec pour objectif une satellisation, une mise en orbite autour de l’espace normatif pour faire redescendre celui qui s’en est échappé. Si parfois cette coordination prend le pas sur la dynamique de collision et la multiplicité des discours elle ne devient jamais écrasante pour se changer en chorégraphie sociétale (elle est restreinte au groupe coordonné de la police). Et à la fin de chaque épisode la confrontation des discours normatifs et transgressifs est bel et bien explicitée, la leçon n’est pas morale uniquement au regard d’un ordre statique mais au regard d’une dynamique sociale générale, le policier se permettant une énième ironie condescendante, enfin utile, pour dire que l’erreur du criminel était de croire qu’une mise en scène pouvait être le fait d’un individu indépendant, qu’il aurait été possible d’éviter une dialectique sociale, l’interdépendance de tous les acteurs sur une même scène. Si c’est toujours le chef qui donne cette leçon normative, il n’y a aucune dimension hiérarchique dans cette distribution, purement géographique, car en fait à l’intérieur du groupe de policiers scientifiques le chef est le sommet d’une chorégraphie comme un angle d’un polygone, un peu par hasard. Avec le titre “les experts” la version française aurait presque tendance à nous dire le contraire.
Ropib
Sur Blog série vous trouverez toutes les informations sur les séries TV. Ici on parle principalement des séries télé américaines, mais aussi parfois de cinéma, sans oublier des actus people sur les stars de ces séries. Alors si la série TV est un sujet qui vous passionne, vous risquez de devenir accro au blog série. Attention l'abus de série télé peut nuire à votre vie sociale.
Salut, moi c'est GossiP S (GPS pour les intimes), serial addict des séries TV, et blogueur débutant. Sur le blog série, j'ai décidé de vous communiquer le virus des séries télé dont je suis moi-même (gravement) atteint. Je vous propose sur ce site des actus toutes fraîches (qui a dit en avant-première ?) sur les séries TV américaines qui vont cartonner très bientôt sur vos petits écrans de télévision LCD. Attention la série télé est un loisir hautement addictif... Vous êtes prévenu !
Hello, moi c'est Manuel, alias Serial blogueur, le collègue de Gossip S. Je suis le webmaster du site, blogueur impénitent, mais aussi à l'occasion un contributeur dévoué sur le blog série. Je m'occupe de ce blog, mais aussi d'autres blogs sur des thèmes différents, mais ça vous aurez l'occasion de le voir très bientôt. Hasta la vista amigos !
Mirabelle : Ah j'adore. Dommage que ça s'arrête!
samnon : me tarde aussi !!!
Fau : non c'est pas un rimeque "c
azkaziel : Mais qu'est ce que c'est que
Christine : Saison 1 version 2010 déjà
Duchêne : En fait, il y a eu
sandrine : j'ai trop hâte !!! j'adore cette
sandrne : perso j'ai adoré cette série. Surtout
MED : J'ai lu votre avis ci-dessus que
Celine : J ai déjà vu les 5
Pari : savez vous si une saison 5
Pari : vivement la saison 7
mutuelle : Jack Bauer est vraiment tres belle.mais
DesperateHousegirl : Ca ca va être fun !
Clerc : Ravie d’être parmi vous… voici mon
fredo : c' est vrai que la série
nguessie : je ne trouve pas d'inconvenients,vu que
White Collar : J'adore cette série, j'ai fait un
Yataa : J'ai effectivement vu l'épisode en question.
sac dakine : Personnellement, je pense que cette saison
Chérie Télé : Salut Salut ami sériphile
Une chose m’intrigue
AVosManettes : Ils ont osé
AVosManettes : Culte !
ROUFFIA manuel : Bonjour à tous et à toutes
ropib : Sans doute. J'ai apprécié les 2
Gossip S : Hello Ropib,
Si tu veux des scènes
ropib : Très belle saison en effet. Avec
bluegger.com : Blog série tv...
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Gossip S : Whaouuuuuu Prestataire en colère est de
Prestataire en colère : Wouhou trop de la balle le
nguessie
8 mars 2010 à 14:58
je ne trouve pas d’inconvenients,vu que la serie est fascinante.
MED
21 juillet 2010 à 12:56
J’ai lu votre avis ci-dessus que je trouve destiné pour un lectorat “élitiste”.
Personnellement, je regarde très souvent les épisodes de CSI que ce soit Las Vegas, Miami ou New York, et j’y trouve un certain plaisir car ça me permet de penser qu’il y a pire que ce qu’on peut vivre autour de soit.
Les ambiances dégagées par ces séries malgrès une certaine invraisemblance attirent l’oeil du spectateur vers le dénouement de l’affaire. merci.